Début de la phase pilote pour la Technique de l’Insecte Stérile à la Réunion

Depuis 2009, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et ses partenaires[1] développent la Technique de l’Insecte Stérile (TIS) à la Réunion. L’objectif de cette méthode préventive et non polluante de contrôle des populations de moustiques est de diminuer le risque de transmission de maladies comme la dengue et le chikungunya chez les humains.

Le premier lâcher de moustiques stériles dans le quartier Duparc a eu lieu en juin 2019. © IRD

Le 13 février 2020, les partenaires du projet se sont réunis à Saint-Denis, afin de présenter la phase d’expérimentation du projet qui devrait débuter au cours du prochain hiver austral, quand les populations de moustiques sont au plus bas.  

Entre 2016 et fin 2019, la phase TIS 2A a permis de perfectionner la technique de production en masse des moustiques mâles stériles en laboratoire, d’effectuer les premiers lâchers expérimentaux de moustiques mâles stériles à Sainte-Marie (en juin, septembre et novembre 2019) afin d’évaluer leur comportement sur le terrain, et de réaliser une enquête d’acceptabilité sociale auprès d’un échantillon représentatif de la population réunionnaise (1150 individus) qui a montré l’accueil positif des Réunionnais pour cette technique et permis d’envisager des actions de communication ciblées.

Une étude pilote à l’échelle d’un quartier

Un chercheur trie des nymphes de moustiques tigre (Aedes albopictus) selon leur sexe, sous loupe binoculaire. © IRD – Thibaut Vergoz

Les partenaires du projet TIS débuteront, en 2020, la phase opérationnelle TIS 2B, dédiée aux essais de la technique sur le terrain. Des lâchers réguliers de moustiques mâles stériles seront effectués en milieu naturel sur une zone pilote menée à l’échelle d’un quartier (40ha) entre septembre 2020 et juin 2021 (10 mois). L’équipe coordinatrice du projet évaluera l’efficacité de ces interventions sur les populations de moustiques.

L’objectif est de démontrer une diminution de l’abondance des moustiques grâce à cette méthode et de proposer, en cas de résultats positifs, une stratégie durable et des scénarios de mise en place de la TIS à grande échelle pour lutter contre le moustique tigre. Un dispositif d’information de la population bénéficiaire et des décideurs sera mis en place afin d’impliquer les habitants dans le déroulement et le suivi de l’intervention. Enfin,  une réflexion sera menée en concertation avec les décideurs et les autorités afin d’envisager le développement d’un système de production de moustiques stériles à l’échelle industrielle pour une éventuelle extension de la TIS à l’ensemble de l’île.

 

Une technique sans risque pour la population

© IRD - Benoit Soyer
Le programme TIS 2B a été officiellement lancé le 13 février 2020, en présence des scientifiques et des institutions soutenant le projet.

« Cette étape capitale sera encadrée par un arrêté préfectoral. Nos résultats permettront d’envisager un déploiement à large échelle », précise Louis-Clément Gouagna, entomologiste médical à l’IRD et coordinateur du projet TIS à la Réunion. Il rappelle que les lâchers de moustiques stériles sur le territoire réunionnais ne présentent pas de risque pour la santé des populations : en effet, il s’agit exclusivement de moustiques mâles (qui ne se nourrissent que de sucre dans la nature), ce qui ne fait pas augmenter le risque de piqûres pour les habitants (seules les femelles piquent l’homme pour permettre  la maturation de leurs œufs).

 

 

Plus d’informations sur le projet, la règlementation, les avantages de la méthode, les différentes étapes de mise en œuvre, le bilan des précédentes phases :

 www.tis.re

 Contacts :

louis-clement.gouagna@ird.fr

la-reunion@ird.fr

 

[1] Partenaires du projet : MIVEGEC/IRD, AIEA, CIRAD, ARS-OI, EFS, EHSP, Qualitropic. Le projet est supporté financièrement par les subventions du Ministère de la Santé, du Conseil Régional de la Réunion, l’Union Européenne et l’Etat à travers le fond FEDER P.O. 2014-2020, avec l’appui de la  DRRT, et Préfecture.

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