Des lâchers de moustiques tests grandeur nature

Moyen de lutte biologique contre la prolifération des moustiques tigres, la technique de l’insecte stérile est développée par l’IRD et ses partenaires depuis 2009. Etape importante du projet, un premier lâcher de moustiques mâles stériles sera effectué dans un quartier de Sainte-Marie, à la Réunion, durant le mois de juin 2019.

Impliquer les habitants dans le projet

Le quartier Duparc, sur la commune de Sainte-Marie, a été choisi pour cette première phase d’expérimentation. Ses habitants étaient donc conviés à une séance d’information publique, co-organisée par l’IRD et l’Agence Régionale de Santé au sein du quartier, le lundi 3 juin. L’objectif : présenter la technique de l’insecte stérile (TIS), le travail des chercheurs dans la lutte contre les épidémies de chikungunya, de dengue et de zika et les objectifs de l’expérimentation lancée le 15 juin. Des échanges ont permis à la population de comprendre l’intérêt de cette technique et l’absence de risque pour les familles du quartier. Le public a même pu plonger la main dans une cage contenant pas moins de 2500 moustiques mâles pour confirmer qu’ils ne piquent pas, contrairement aux femelles.

Une technique prometteuse

La TIS, précédemment employée pour des problématiques agricoles dans diverses régions du monde, consiste à lâcher dans la nature des moustiques mâles élevés en laboratoire et rendus stériles par exposition aux rayons X. L’accouplement des moustiques mâles stériles avec les moustiques femelles ne donne pas de descendance, ce qui entraîne naturellement un déclin de la population de moustiques et diminue ainsi le risque de transmission de maladies chez les humains. Avant de mettre en place cette méthode de lutte biologique respectueuse de l’environnement, les chercheurs de l’IRD ont déterminé la méthodologie la plus efficace et rentable pour produire une grande quantité de mâles stériles et mené une enquête d’acceptabilité sociale auprès de la population réunionnaise (près de 2 Réunionnais sur 3 soutiennent le développement de cette méthode sur l’île).

Expérimenter la TIS sur le terrain

L’heure est ainsi aux premiers tests grandeur nature à Sainte Marie, après parution de l’arrêté préfectoral dans les prochains jours. Le 15 juin, 3000 moustiques mâles stériles marqués d’une poudre colorée seront lâchés sur un périmètre de quelques rues du quartier Duparc. Des pièges seront disséminés et relevés régulièrement pour connaître la proportion de ces mâles dans la population de moustiques du quartier. L’objectif est de déterminer comment les moustiques élevés en laboratoire vont réagir dans ce nouvel environnement naturel et sur quel périmètre ils vont se disperser. D’autres tests auront lieu aux mois de septembre et novembre.

Contacts :

Louis-Clément Gouagna, MIVEGEC

David Damiens, MIVEGEC

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